Nous déguisons Bleuette

 
Répertoire établi par Suzanne GAUTROT


I

- Patrons de la Semaine de Suzette

Tout le monde aime se déguiser, adultes et enfants, fin de changer de personnalité un court instant. Les Poupées ne manquent pas à ce désir et particulièrement Bleuette.

Tout juste un an après sa "naissance", la voilà devenue "Napolitaine" (n° 1 de 1906) , puis "Folie" ( n° 2 de 1907 ) et "Bécassine" (n° 36 /37 de 1908 ) ou bien "Mariée" (n° 44 et 45 de 1908), encore "Napolitaine"(n° 4 de 1910), ou de nouveau en "Mariée" (n° 42-43 de 1912 ), "Suissesse" ( n° 23-24 de 1914 ), "Alsacienne " ( n° 14 de 1915 ), "Boulonnaise" (n° 28 de 1915 ),"Écossaise" (n° 34 -35 de 1917 ), ou de nouveau "Alsacienne "( n° 6-7 de 1917 ) - Il ne faut pas oublier notre belle province toujours enchaînée - Puis la voilà engagée " Bonne d'enfant " ( n° 9-10-11 de 1917), de nouveau en "Mariée " (n°8 de 1919) , puis "Normande" (n° 20-21 de 1918).

Tous ces jolis costumes, conçus par " Tante Jacqueline ", sont très élaborés et assez difficiles à reproduire comme toutes les tenues qu'elle a proposées jusqu'à sa disparition en 1920.

Il faudra attendre 1923 pour déguiser à nouveau Bleuette. Mais alors voici trois travestis pour la même année : " Peau Rouge " ( n° 2 )," Hollandaise " ( n° 6-7 ) et encore " Mariée " ( n° 27 ).

"La Bouquetière" patron de la Semaine de Suzette 1913 p.37 Réalisation Nadine HOUY Cliché D.Bugat-Pujol, extrait de "Suzette gentille Cousette".

Une petit retour sur le passé, voilà Bleuette en Mimi Pinson (n° 7 du Mars1924 p.77).Quelques temps sans déguisements ... Notre petite poupée en a déjà de nombreux dans sa garde-robe pour en choisir un qui lui va encore bien.Espérons qu' elle ne fera pas comme la fillette d'une historiette illustrée par Manon Iessel de façon charmante, qui ne pouvant se décider, arrivera au bal costumé vêtue de différentes parties de plusieurs costumes accrochés dans sa penderie ("Un costume Kekcekça", Semaine de Suzette du 11 Février 1932 p.125 ).

En 1927, Lindbergh réussit la traversée de l'Atlantique, Bleuette se doit de revêtir une combinaison d'aviateur ( n° 45 en 1927 ).

Les années 1929-1930-1931 vont pourvoir Bleuette de nombreux costumes qui vont, en rêve, l'emmener à travers le monde. Tout d'abord " Infirmière " (n° 45 de 1929)... quand on voyage beaucoup, il peut se produire quelques accidents ...Et c'est parti pour le tour du Monde en deux années......

D'abord en 1930, Bleuette est"Boulonnaise" (n° 4), puis "Arabe"(n° 6), "Bretonne"(n° 8), "Normande"(n° 10), "Hollandaise"(n° 11),"Alsacienne"(n°18),..... ..puis en 1931 "Persane"(n° 11), "Espagnole" (n° 14 ), enfin "Auvergnate" (n° 26),"Japonaise"(n° 32),"Italienne"(n° 51)... Ouf!.. 

Durant les dernières années trente, pas de déguisements. Toutefois Bleuette depuis tant d'années en est abondamment pourvue de telle sorte qu'elle ne sait plus où les ranger dans sa garde-robe !
Pendant la guerre et les années suivantes, c'est l'austérité. Bleuette a déjà bien assez de mal à se vêtir normalement, pas question de "se déguiser" !
Le premier costume réapparaît en 1949. Bleuette va au bal, costumée en " Grecque " ou en " Tahitienne " ( n° 8 de 1949 ) ou encore en " Portugaise " ( n° 26 de 1951 ), puis, les années suivantes, en " Danseuse étoile " (n° 10 de 1952 ), " Pierrette " ( n° 10 de 1954 ), " Annamite " ( n° 10 de 1956 ), "Bécassine " ( n° 14 de 1959 ). Enfin, Bleuette termine le rêve en 1960 (n° 113) costumée en " Pierrette " .

*

 

 

II - Confection Gautier-Languereau

La maison Gautier-Languereau qui dès l'année 1906 a proposé des déguisements à confectionner n'en met sur le marché Bleuette qu'à partir de 1922 et cela jusqu'à la seconde guerre mondiale. Seulement 18 " Mardi-Gras " et " Mi-Carême " sur un parcours de plus de cinquante années.

Pourquoi cela ? Il faut d'abord dire que c'est la période faste de Bleuette , son âge d'or qui accompagne les belles années d'après la grande guerre: " Les Arts Déco ", Paul Poiret, les années folles... Tous ces déguisements sont beaux, variés, de qualité. Malheureusement on en voit maintenant fort peu aussi bien dans les ventes spécialisées que chez les collectionneurs. Deux raisons à cela sans doute :

Bizarrement les déguisements n'ont pas été commercialisés dans les catalogues paraissant pourtant à la " bonne saison ", mais uniquement dans " La Semaine de Suzette " aux mois de février.

De plus ces déguisements sont assez chers comparés aux tenues de ville : En 1928, " La Danseuse " et " La Fleur " sont vendus 12,50 F.
 alors que la robe d'écolière ne vaut que 8,50 F.

En 1935, la " Paysanne Russe " ou " La Mexicaine " sont vendus 16,50 F.; au même moment les tenues " Intimité " ou " La Bonne Franquette " sont à 7 F et 7,50 F..

Il faut dire que le déguisement de " Paysanne Russe " est des plus élaboré; il ne comporte pas moins de 6 éléments.

Dernier travestissement, bien avant la guerre de 1939/1945, " Petite Fille Modèle " est vendu 19 F. Pour le même prix, la petite lectrice pouvait avoir deux robes, par exemple " Au Concert " et " Margaret-Rose "

La Semaine de Suzette reparaît en 1946. Il y a encore pénurie de tissus et les tenues sont proposées en très petite quantité jusqu'en 1950/1952. Les dernières années sont au contraire abondamment fournies de vêtements tous très beaux et fort bien confectionnés.
Cependant plus aucun travesti ne sera mis en vente. 

Amateurs qui êtes intéressés, vous avez du mal à trouver ces déguisements ?... Consolez-vous, la rubrique " Nous habillons Bleuette " en comporte beaucoup sur toute la longue existence de cette petite poupée ....comme vous avez pu le lire au début de cet article...

Alors, à vos aiguilles ! 

 

 

Suzanne Gautrot

 

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